Pacte de Marrakech

Tribune libre migrations et hospitalité. Pacte de Marrakech : sachons raison garder

Ce 10 décembre marque le 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, date choisie par l’ONU pour signer à Marrakech un « pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières ». Le texte final est sur la table depuis juillet 2018 et ne contient rien de bien révolutionnaire après dix-huit mois de négociations à 190 pays.

Pourtant, depuis quelques jours, la fièvre semble s’être emparée des réseaux sociaux et les rumeurs les plus hallucinantes circulent. Qu’on en juge : « Emmanuel Macron va vendre la France aux étrangers. » « Il va remettre les clés de la France à l’ONU », laquelle « voudrait nous imposer sa vision d’un monde sans frontières ». « Huit pays seraient obligés d’accueillir 480 millions de migrants » et on créerait « un droit à la migration ».

On est habitué à lire tout et n’importe quoi sur le sujet, mais là, on atteint des sommets de mauvaise foi. Il en va de même au niveau international. Suivant les traces de Donald Trump, une dizaine de pays membres de l’Union européenne ont annoncé qu’ils ne signeraient pas ce « pacte diabolique », pour reprendre l’expression de Marine Le Pen, Hongrie et Italie en tête bien évidement. Quant à Emmanuel Macron, toujours téméraire, il a décommandé sa visite à Marrakech… Tout cela est surréaliste ; ce pacte ne fait que reprendre le contenu de conventions déjà existantes et se contente d’établir « un cadre de coopération juridiquement non contraignant » qui « respecte la souveraineté des États ». Au final, ce texte est plutôt fade et déçoit largement les attentes de ceux qui défendent les droits des migrants. Il reflète par contre la triste évolution des pays européens au regard des droits de l’homme.

Combien de fois faudra-t-il dire et répéter que le nombre de migrants internationaux est de 285 millions, dont 60 millions d’Européens et seulement 36 millions d’Africains ? Ce nombre a peu augmenté au regard de la mondialisation, passant de 2, 9 % en 1990 à 3,3 % de la population mondiale, alors qu’il était de 5 % en 1900. L’immense majorité des migrations sont régulières et seuls les États décident de qui peut entrer sur leur territoire (ce qui est le cas pour 2,5 millions de personnes dans l’UE, dont 250 000 en France, en moyenne, ces dernières années).

Alors, oui, les migrations se sont mondialisées, et c’est la raison même du pacte mondial. Tous les pays sont désormais pays d’origine, d’accueil et de transit ; la France en est un parfait exemple avec un solde migratoire quasiment nul et 2,5 millions de Français qui vivent à l’extérieur du territoire. Mais l’instrumentalisation de cette question à des fins électoralistes fait des ravages croissants parmi la population européenne, alors que nous sommes loin d’accueillir toute la misère du monde. Nous n’y prenons même pas notre part. 85 % des migrations contraintes se font dans les pays voisins des pays de départ ; seulement 6 % des réfugiés sont installés dans l’Union européenne – 1 réfugié pour 1 000 habitants.

Ce sont les plus vulnérables qui font les frais de ce délire politique, obligés de prendre des routes dangereuses, livrés aux mains des passeurs au risque de leur vie : 90 % des personnes ayant bénéficié d’une protection internationale en Europe, ces dernières années, sont arrivées de façon irrégulière et le plus souvent en traversant la Méditerranée. C’est l’absence de droits qui crée la misère. À force de refuser de voir les réalités en face, on creuse le lit du racisme et de l’extrême droite. Or, c’est de solidarité dont notre monde a le plus besoin. Il est temps de redonner du sens au joli mot d’hospitalité.

10 DECEMBRE 2018

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Salah hamouri libéré

Donald Trump

Éditorial. Le trio guerrier
Par Patrick Le Hyaric
Lundi, 16 Avril, 2018
L'Humanité

Personne ne peut soutenir le dictateur de Damas, encore moins ses exactions contre son peuple et particulièrement les enfants. Mais ici comme en Irak, en Libye, en Afghanistan, ajouter des bombes aux bombes n’a jamais permis la paix et la sécurité. On peut même se demander si ces mâles communiqués de guerre ne s’opposent pas aux objectifs proclamés. C’est pourtant cette stratégie qu’a choisie le trio Trump-Macron-May, sans consultation de leur parlement respectif, sans mandat de l’Organisation des Nations unies, sans engagement d’aucun autre pays européen, sans soutien matériel des autres pays de la région. Le ministre des Affaires étrangères a voulu enrubanner l’opération dans un faux tissu de droit international en se référant à ce que l’on appelle le chapitre 7 de la charte des Nations unies et à la résolution de septembre 2013 enjoignant la Syrie à respecter ses engagements de destruction des armes chimiques. Or, tous les articles de ce chapitre 7 obligent à obtenir l’accord du Conseil de sécurité avant toute intervention. Ce n’est pas le cas !

 

Il convient donc de mesurer la gravité de la portée des décisions de ce trio guerrier, avouant que ses actes ne changent rien à la victoire militaire du sinistre Assad. Ils favorisent l’entrée dans un monde-jungle où le droit international est foulé aux pieds. Pour les populations de la région, ils prolongent les pires colonialismes et impérialismes. Tous les jours, Israël agit dans l’impunité la plus totale. La Turquie occupe Afrin et emprisonne. Les populations du Yémen vivent sous un tapis de bombes occidentales. Les impérialistes occidentaux alliés de ces mêmes pays et couverts par l’Otan sont non seulement d’un silence de plomb, mais complices. L’autre lourde conséquence de ces bombardements réside dans la justification que vont y trouver de nouveaux pays pour se surarmer, y compris avec la bombe atomique.

 

Les liens historiques de la France avec la Syrie l’obligent à descendre du porte-bagages des États-Unis et à s’engager pour aider à l’émergence d’un projet démocratique nouveau en respectant les aspirations des peuples. Elle doit, en lien avec la Russie et l’Iran notamment, travailler à une conférence internationale de paix, de reconstruction et de codéveloppement du Proche et du Moyen-Orient. Il n’y a pas d’issue pour les peuples dans ce jeu guerrier des grandes puissances pour un nouveau partage des territoires et des richesses. La guerre doit être repoussée et la force du droit et de la politique être réhabilitée.

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Syrie une nouvelle escalade guerrière sans espoir
14/04/2018 - PCF

Après le très probable bombardement chimique particulièrement ignominieux effectué par le régime syrien sur la population de la Ghouta, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France viennent de réaliser une attaque punitive contre plusieurs sites qu' ils ont identifiés comme étant les centres de production d’armes chimiques du régime.

L’engrenage d’actions militaires unilatérales et illégales vient donc de connaître une nouvelle escalade guerrière sans que cela ne puisse ouvrir le moindre espoir de règlement du conflit syrien. L’ONU a été une nouvelle fois mise hors jeu. Les trois pays qui ont frappé cette nuit prétendent envoyer un message de fermeté et de force du « camps occidental " contre la Syrie , et aussi contre son allié, la Russie. Ce faisant, la France joint son action à celle de Donald Trump qui est le premier à bafouer le droit international, comme il vient de le faire dans le conflit israélo-palestinien. La France parle de fermeté quand elle n’en affiche aucune face à l’entrée de l’armée turque sur le territoire d’Afrine, ni face à sa politique de nettoyage ethnique contre la population kurde.
Le message de la France continue ainsi de se brouiller et de perdre toute efficacité politique dans cette région si sensible.

Le Président de la République a annoncé une discussion au Parlement ...après le déclenchement de l’intervention de nos forces armées -une pratique impensable dans d’autres pays qu’on nous cite si souvent en exemple, comme l’Allemagne ! Il est nécessaire que ce débat permette au moins d’exiger un changement de cap pour notre politique internationale au Proche-Orient, afin que la France œuvre enfin pour un règlement politique global de tous les conflits de la région qui mettent en danger la paix dans le monde. L’après Daesh ne doit pas transformer la Syrie en un champ de manœuvre et de partage au service des logiques des grandes puissances. Le PCF soutient l’appel du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres pour la tenue d’une conférence internationale de règlement politique et de paix pour la région sous l’égide de l’ONU.

Parti Communiste Français,

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