Accueil

Rétablissement du jour de carence dans la fonction publique :

 Une mesure purement idéologique

 En marge des états généraux des comptes de la Nation, le ministre des comptes publics, Gérald Darmanin, a annoncé le rétablissement du jour de carence dans la fonction publique. Après le gel du point d’indice pour les agents de la fonction publique et la volonté de supprimer 120 00 postes en 5 ans, cette décision est une nouvelle fois guidée par un seul objectif : s'attaquer aux fonctionnaires et, à travers eux, aux missions de service public pour l'égalité. Quand le gouvernement justifie cette décision par un retour à l’égalité entre les salarié-e-s du privé et du public, il ment. En réalité la grande majorité des salarié-e-s du secteur privé n’est pas assujettie au jour de carence en vertu de différentes prise en charge par les employeurs. Inefficace pour lutter contre l’absentéisme, cette mesure est purement idéologique. Plutôt que de stigmatiser chaque salarié en arrêt maladie, insinuant qu’il s’agit d’un fraudeur, Gérald Darmanin devrait s’interroger sur les raisons de la souffrance au travail. Si le gouvernement souhaite réduire les arrêts maladie, il faut s’attaquer frontalement aux causes qui les génèrent. À savoir la dégradation généralisée des conditions de travail et la souffrance occasionnée par les politiques d’austérité. L’argent existe pour financer une toute autre politique. Chaque année, 80 milliards s’évaporent dans les paradis fiscaux, utilisons cet argent pour renforcer le rôle préventif de la médecine du travail et développer des mesures destinées à améliorer les conditions de travail des fonctionnaires. Le gouvernement doit entendre les revendications des fonctionnaires qui sont porteuses d'intérêt général. Pour le Parti communiste français, il ne doit y avoir aucun jour de carence. Ni dans le privé, ni dans le public. Nous appelons à participer massivement à la journée de mobilisation prévue le 12 septembre.
*********************************************************************************************

Une loi prolonge l’état d’urgence avant qu’il devienne la loi

Le projet de loi de prorogation de l’état d’urgence (du 15 juillet au 1er novembre) a été adopté au Sénat et ce jeudi 6 juillet à l’Assemblée Nationale. Depuis le 13 novembre 2015, c’est la sixième et dernière prolongation consécutive avant qu’il ne devienne définitivement la règle.

Le texte, voté par les sénateurs mardi et par les députés aujourd’hui (137 députés ont voté « pour » et 13 députés ont voté « contre »), prévoit de prolonger le régime d’exception jusqu’au 1er novembre et l’adoption du nouveau projet de loi antiterroriste. C’est la sixième prolongation d’un régime d’exception (assignations à résidence, perquisitions administratives, etc.) qui a pourtant prouvé son inefficacité et son caractère dangereux pour les libertés publiques.

Comme Emmanuel Macron l’a confirmé au Congrès, l’état d’urgence sera définitivement levé au 1er novembre, mais ce après l’adoption d’une nouvelle loi antiterroriste. Ceci n’est pas une bonne nouvelle car cette loi aura vocation à intégrer toutes les principales mesures de l’état d’exception dans le droit commun. Malgré ses grandes déclarations sur la “liberté forte” le président s’inscrit donc dans la droite ligne sécuritaire de ses prédécesseurs.

Douze organisations dont Amnesty International, Human Rights Watch, la Ligue des droits de l’homme et le syndicat de la magistrature avaient pourtant appelé mercredi à ne pas voter le texte de prolongation et à rejeter la loi antiterroriste.

Au regard de la composition de l’assemblée nationale et de la majorité toute acquise au projet gouvernemental, pas étonnant que cette énième prolongation ait été adoptée. Dans la faible opposition à l’Assemblée comme au Sénat les élus communistes étaient en première ligne.